Le retour à la maison : comment l’organiser?

Le retour à la maison, c’est un peu l’épreuve du feu. Entre les hormones, le bouleversement des émotions et la fatigue de l’accouchement et des premières nuits, les premières semaines à la maison sont souvent très difficiles.

Pendant les cours de préparation, les sages-femmes nous informent beaucoup sur le déroulement de l’accouchement, sur les potentiels désagréments que l’on peut rencontrer (épisiotomie, forceps…), sur comment gérer son souffle pour supporter les contractions ou encore sur les différentes poussées. Il y a un cours sur les suites de couches et ce qui attend les jeunes mamans dans les heures et jours qui suivent l’accouchement. Mais il n’y a pas de cours qui préparent psychologiquement au bouleversement que représente l’arrivée d’un nouveau-né. Il n’y a pas de cours non plus qui expliquent ce que certaines femmes ressentent dans leurs corps après. C’est un vrai manque, selon moi.

Des femmes (amis ou inconnues) m’ont dit qu’elles avaient eu plus mal lors de leur montée de lait que lors de leur accouchement. Qu’elles en voulaient à leur bébé pendant les tétées à cause de la douleur. Que de ce fait elles se sentaient perdues. D’autres, comme moi, ont fait un « baby blues », une jolie dépression de plusieurs jours (ou semaines) où l’on doit apprendre à etre à 3, à renoncer à sa vie à 2, à gérer l’énorme responsabilité que représente un bébé, à apprendre à se réapproprier son corps , son couple, sa vie de femme. 

Il ne s’agit pas ici de faire peur aux futures mamans. Devenir maman est la plus belle chose qui me soit arrivée et je ne regrette pas une seconde cet incroyable voyage. Mais, j’aurais aimé être plus informée pour peut-être mieux appréhender et mieux gérer cette nouvelle vie, et surtout le retour à la maison.

Alors, on peut se demander comment s’organiser pour se préparer au retour à la maison avec votre bébé. Voici 5 conseils qui, je l’espère, vous aideront.

SE FAIRE SUIVRE PAR UNE SAGE FEMME LIBÉRALE PENDANT LA GROSSESSE

En plus des rendez-vous obligatoires de grossesse (surveillance mensuelle + les 3 échos obligatoires), vous pouvez  faire appel à une sage femme libérale pour les cours de préparation à l’accouchement (7 séances sont remboursées par la sécurité sociale), au lieu de les faire dans la maternité où vous accouchez.  Vous définirez avec elle les 7 séances  qui vous intéressent le plus. Cela vous permettra de poser toutes les questions que vous souhaitez, sans aucun tabou.

Vous pouvez  aussi faire des séances dans votre maternité, et des séances avec une sage-femme libérale chez vous ou à son cabinet. Cette répartition des séances vous permettra d’allier le meilleur des deux mondes : rencontrez d’un côté des futures mamans et vous familiarisez avec votre maternité et pouvoir poser toute les questions gênantes et choisir d’approfondir des sujets qui vous intéressent plus particulièrement. 

La sage-femme pourra vous aider à  préparer votre corps à l’accouchement (par exemple vous montrer comment masser votre périnée pour le préparer ou comment gérer des contractions) et vous informera des suites de couches. N’hésitez pas à poser toutes les questions qui vous tracassent et à insister sur les sujets où vous vous sentez le moins à l’aise.

ORGANISER UN SUIVI À DOMICILE POUR VOTRE RETOUR

Après votre accouchement, vous resterez environ 3 à 4 jours à l’hôpital. Pendant l’hospitalisation, les puéricultrices vous aident dans les soins quotidiens à apporter à votre nouveau-né : la prise du bain, le lavage du nez, des yeux. Elles sont là 24h/24, à portée de sonnette, et répondent à la moindre de vos questions, et surtout vous rassurent à la moindre angoisse.

Lors du retour à la maison, vous vous retrouvez seule. Souvent, le papa travaille, il n’est donc pas à vos côtés pour vous aider. Parfois, les jeunes mamans se retrouvent déboussolés, et ont peur de mal faire une fois seule.

Pour pallier à cette éventualité, sachez que vous pouvez demander à votre sage-femme (ou une sage femme libérale de votre ville si vous n’en aviez pas pendant la grossesse) de venir dans les 24h à 48h qui suivent votre retour de la maternité.

Elle pèsera votre bébé, vérifiera que tout va bien, pourra vous aider en cas de problème d’alimentation de votre enfant (biberons et allaitement) et répondra à toutes vos questions.

Cette prise en charge durant le retour peut vraiment rassurer certaines jeunes mamans à mieux appréhender leur nouveau rôle une fois arrivées chez elle, d’éviter l’anxiété du retour et ainsi de mieux le gérer.

S’ORIENTER : LAIT MATERNEL OU ARTIFICIEL? 

Une fois que vous aurez accouché, la question qui sera suspendue à toutes les lèvres sera « Est ce que tu l’allaites? ». Ce choix si intime sur le mode d’allaitement de votre nouveau-né semble intéressé la terre entière. Vous êtes pourtant la seule que ce choix regarde.

Je consacrerai un article approfondi sur l’allaitement et les différents choix qui s’offrent à vous. Sachez que vous avez 3 types d’allaitement : l’allaitement au sein, l’allaitement au biberon et encore l’allaitement mixte (au sein complété par le biberon).

Pour vous orienter dans votre choix en amont de l’accouchement, vous pouvez faire appel à une conseillère en lactation. Comme pour les sages-femmes, il existe des conseillères en lactation dans les maternités et en libérale.

Si vous choisissez un allaitement au biberon, son rôle s’arrête ici et après l’accouchement la sage-femme ou votre pédiatre sera en mesure de vous aider.

En cas d’allaitement au sein ou mixte, la conseillère en lactation vous expliquera le déroulement de l’allaitement (de la tétée de bienvenue à la montée de lait), vous donnera des astuces pour s’assurer qu’il se passe bien et sans douleurs (en vous conseillant des crèmes ou des bouts de sein par exemple). Elle peut être à vos côtés lors de votre séjour à la maternité pour les premières tétées et la montée de lait. Enfin, de retour chez vous, elle pourra  venir vous aider en cas de difficultés et/ou vous conseiller par téléphone.

Je vous recommande vivement de faire appel à une conseillère en lactation. Vous trouverez une liste par département ici.

VOUS RENDRE DANS LA PMI DE VOTRE QUARTIER

La PMI est la protection maternelle et infantile. Elle existe depuis 1945 et a pour principale mission d’aider les futures et jeunes mamans ainsi que leurs enfants. Vous trouverez en général dans votre PMI des puéricultrices, des sages femmes, des médecins, des psychologues, des éducateurs ou encore des assistants de service social.

A la PMI, vous pourrez faire peser votre enfant. Vous y trouverez aussi toujours une oreille attentive et un soutien psychologique. Vous pourrez y parler sans jugement. N’hésitez pas à vous y rendre dès la sortie de la maternité et à prendre rdv en cas de difficultés avec votre bébé.

Vous trouverez la liste des PMI françaises ici.

PRÉPARER LA MAISON

A la fin de votre grossesse, vous avez le temps pour préparer l’arrivée du bébé et le retour à la maison. Profitez-en.

Rangez, triez,  préparez la chambre du bébé.

Faites un « fond » de maison, c’est-à-dire toutes les choses qu’on peut acheter en avance type lessive, liquide vaisselle (surtout si vous n’allaitez pas!), pâtes, conserves, condiments etc. Vous pouvez aussi acheter quelques plats surgelés pour les soirs où vous n’aurez pas le courage de cuisiner un plat frais. Des mamans se plaignent souvent de ne pas avoir le temps de manger pendant la journée, c’est donc une solution pour avaler quelque chose rapidement.

Si vous avez le courage, le droit et parfois aussi envie de déclencher l’accouchement, un grand ménage de printemps est une bonne idée. Après l’accouchement, vous n’aurez parfois pas la force physique, mais surtout je vous conseille de vous ménager. Ce qui m’emmène au point suivant :

DÉLÉGUEZ

Déléguez tout ce que vous pourrez : le ménage, les courses, les repas… A votre mari, à votre mère,  à quelqu’un de la famille. Cela vous permettra de garder des forces pour l’essentiel : vous occuper de votre bébé.

Si vous le pouvez financièrement, investissez dans une femme de ménage quelques heures par semaine (repassage, ménage). Cela vous soulagera énormément et vous évitera de vouloir à tout prix le faire vous même au « risque » de vous fatiguer.

Si vous n’allaitez pas et que vous le souhaitez, vous pouvez faire appel à des sages femmes ou puéricultrices de nuit, qui pourront occasionnellement, souvent voire exceptionnellement s’occuper de votre bébé pendant la nuit. Parfois 10h de sommeil, au bout de quelques semaines, suffisent à vous redonner de la force physique et mentale. C’est évidemment un « luxe » financier (comptez entre 120 et 150€ la nuit) et un choix personnel, mais c’est bien de savoir que cela existe.

Et un dernier conseil en bonus :

PENSEZ À VOUS

Quand on devient maman, on peut se délaisser pour s’occuper de son bébé, de la maison. On devient responsable d’un être qui compte sur vous pour tout. On était femme et épouse, on devient femme, épouse et maman. Ou plutôt maman, femme et épouse. Avec la chute des hormones et les émotions qui découlent de l’accouchement et de l’arrivée de ce petit bout dans votre vie, on ne se concentre souvent que sur bébé. On parle bébé, on vit bébé, on mange peu, on dort peu.

Tout le monde vous le dira, mais une maman heureuse est une maman bien dans ses baskets, heureuse et épanouie.

Et pour cela, il faut aussi vous focaliser sur votre propre bien-être, vous retrouvez en tant que femme.

Entre deux biberons ou deux tétées, confiez votre bébé à votre mari et prenez une demie-heure pour vous seule. Faites-vous les ongles, prenez une douche bien chaude, appelez une copine pour raconter des bêtises, regardez un épisode de série, lisez un bouquin, bref pendant 30 min, ne pensez qu’à vous.

 J’espère que ces conseils vous aideront à préparer au mieux vos suites de couches et votre retour à la maison.

Diane

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