Du virtuel au réel

Tout a commencé par une série de contractions rapprochées et un alitement imposé. Par peur de m’ennuyer, par envie de donner du sens à ce temps dédié à mon futur bébé, par envie de partager et d’échanger sur ce que je vivais, j’ai créé un compte Instagram dédié à la maternité. Quelques photos de mon quotidien accompagnées de questionnements, de réflexions, d’états d’âmes. Et rapidement, je découvre à travers ce réseau social une incroyable communauté de jeunes et futures mamans.

Des mamans en or, toujours présente pour me rassurer, me comprendre dans ce parcours encore inconnu et un peu effrayant parfois qu’est la maternité. Quel bonheur de pouvoir échanger sans tabou, sans peur du jugement.

J’ai fais le choix d’avoir deux comptes distincts, un personnel et un pour mon blog que j’allais créer. Pourquoi? Premièrement, parce que je n’avais pas envie de spammer mes amis de photos de femmes enceintes, de baby look puis après de Louise. La plupart de mes amis n’ont pas encore d’enfants et ayant été à leur place avant de devenir maman, je sais bien que ça n’intéresse pas vraiment tout le monde…. Deuxièmement, j’avais envie de pouvoir partager en toute liberté et sans tabou ce que je vivais. Et sans jugement. 

Le virtuel a rapidement laissé place au réel et aujourd’hui je voudrais partager avec vous mon ressenti.

Quand le virtuel devient réel, pour le meilleur

Jamais je ne pourrais assez remercié les merveilleuses mamans que j’ai rencontré grâce à ce réseau, elles se reconnaitront.

Adèle, Albane, Alexandra, Alice, Aline, Alix,  Anna, Alice, Aurélie, Charline, Charlotte, Cécile, Chloé, Claire, Cyrielle, Daphné, Elena, Elodie-Jelena, Emeline, Flore, Florence, Joséphine, Julia, Julie, Laure, Mandy, Marie, Marie-Charlotte, Maryline, Olivia, Pauline, Philippine, Sophie, Valentine, Virginie… et vous toutes avec qui j’ai échangé une ou plusieurs fois.

Derrière ces prénoms se cachent des comptes Instagram, et derrière ces comptes Instagram des mamans, non pardon, des femmes en or. Grâce au virtuel, j’ai eu la chance d’échanger avec un grand nombre de ces femmes. J’ai aussi pu en rencontrer et créer des liens. Des amitiés se sont créées. Des amitiés qui seront peut-être éphémères, qui nous lieront le temps d’une étape de notre vie. Peu importe. Quelque soit la nature et la durée de ces insta-amitiés, je remercie sincèrement le ciel d’avoir mis ces femmes sur ma route.

Quel réconfort j’ai pu trouver grâce à vous les jours plus difficiles, lorsque la fatigue l’emporte, lorsque l’inquiétude d’une mère prend le dessus, lorsque les questions restent sans réponses. Quel bonheur j’ai eu à échanger avec vous les moments de joie, les étapes si importantes de nos bébés, qui paraissent si insignifiante pour les autres. Quelle chance de pouvoir partager et échanger lors de l’un des plus grands chamboulement de notre vie de femme, le passage de soi à la maman. Et le faire sans peur. 

Quand le réel se mêle au virtuel, mes pinceau s’emmêlent

Quand j’ai créé ce compte, j’en ai parlé à très peu de personnes de mon entourage. Par choix. Par pudeur. Parce que j’avais envie que ça reste privé. Un peu contradictoire la nana! Créer un compte public pour que ça reste privé…ce n’est pas vraiment logique!

En fait, je crois que j’avais envie de partager sans jugement avec des vraies personnes mais des personnes qui sortaient de mon quotidien, qui comprenaient ce que je vivais à l’instant T, est ce que cela a du sens? A vous de me le dire.

Et puis au fil des abonnés, j’ai vu des amis s’abonner. Ma famille, mes amis. Puis des personnes avec qui je n’ai eu aucun contact depuis une dizaine d’années. Des amis d’amis. Des amis de famille. Des boulonnais. Plus tellement des inconnus! La peur s’est emparée de moi..Que vont il penser? Ai je bien fait de partager mes doutes, mes peurs, mes émotions? D’étaler ma vie ?

J’ai eu des échos parfois négatifs comme cet exemple qui m’a marqué. Un jour, ma maman m’appelle et me dit « J‘ai vu A. au mariage de sa soeur qui m’a demandé si tu faisais un baby blues, voire une depression post partum, tu ne devrais peut etre pas partager tout ca sur internet, ou enlever ton post où tu racontes ce que tu vis« …

Je ne vais pas vous mentir, ca m’a fait mal. Ca me fait mal. Parce que justement je cherchais un échappatoire, un exécutoire, un endroit où on ne me jugerait pas. Mais le réel a rattrapé le virtuel. J’ai été confronté aux regards des autres, celui que justement j’évitais. 

Mais c’était utopique. A moins de cacher mon visage, de changer mon nom, de ne pas parler de ma vie, et ce n’est pas le but.

Je sais que parfois mes articles ont dérangé, ont fait jaser dans mon dos (ouch), ont révélé des choses personnelles, ont blessé sans le vouloir (pardon). J’ai failli tout arrêter, me mettre en privé, trier mes abonnés, et rester dans ma bulle Insta. Et puis non. Parce que j’en récolte tellement au quotidien. Le soutien n’a pas de prix, l’échange bienveillant et humain non plus. Parce que je souhaite donner une vision vraie de la maternité. Pas de ma vie, mais de ce que je vis. C’est différent je vous assure. Je souhaite que d’autres mamans ne se sentent pas seules face à les peurs, les doutes, les chutes d’hormones, l’incompréhension des pleurs d’un nouveau-né. Je souhaite partager et échanger. Et si à mon échelle, je peux aider à mon tour, alors j’aurai gagné quelque chose. 

Mais parfois j’ai du mal à comprendre. Des likes de personnes que je connais et qui ne franchissent pas le cap de m’envoyer un message pour prendre des nouvelles. Des amis qui vont lire mes articles, qui ne se manifestent pas, mais qui jugent. Ca peut faire mal. Je n’incrimine personne. Je suis sensible et m’expose, mais est ce une raison? 

C’est parfois facile d’oublier que derrière les écrans, il y a une multitude de personnes. Le virtuel ne l’est pas tant que ça. Et quand on s’expose, on s’expose à des personnes inconnues (et d’ailleurs j’en reparlerais pour un autre sujet sur l’exposition de nos enfants) mais aussi à l’entourage. On s’expose aux critiques positives et négatives. On s’expose au jugement. Mais on s’expose aussi à la compassion, à la bienveillance, à l’échange…

Alors conclusion?

Il est encore parfois dur pour moi d’accepter la critique négative de mon entourage, par manque de confiance en moi et par sensibilité. Parfois difficile d’assumer ce que je couche sur le papier au grand jour. Parce que c’est tellement facile de se confier sur un ordinateur. Je réfléchis désormais plus à ce que je partage, pour me protéger, protéger Axel et Louise, et parce que tout cela n’est pas vraiment virtuel en fait. Mais pour toutes ces rencontres et ces échanges quotidiens, pour le partage, l’amitié, je continuerais à partager. Pour vous les filles, et pour nos bébés si beaux.

M-E-R-C-I

J’espère que cet article aura un sens, j’avais besoin de coucher sur « papier » ces sentiments

Belle journée

Diane

 

 

 

 

 

 

2 réflexions sur “Du virtuel au réel

  1. Justine dit :

    Bonjour Diane,
    Merci pour ce très bel article. Je me retrouve sincèrement dans tes mots. J’ai moi même un compte Instagram (@justinearx ) que je « n’alimente » pas tout à fait complètement par crainte d’être jugée par des proches (ou amis d’amis comme tu as mentionné). Le manque de confiance en moi y est certainement pour beaucoup. Montrer le visage de mes filles est aussi un éternel débat … ce qui me pose le plus problème est toujours le fait d’être lue ou vue par des amis ou relations d’amis et donc d’être espionnée ! Si je pouvais je crois que je recommencerai tout à zéro mais en ai-je le courage ?
    Néanmoins, j’admire ta démarche, aujourd’hui tu assumes tout cela et j’aimerai pouvoir en faire autant.
    Je te suis depuis le début car nos filles ont environ le même âge et c’est un réel plaisir de te lire.
    À bientôt,

    Justine

  2. Mesange_paris dit :

    Oh Diane je te comprends très bien! Je pense qu’on vit tous cette contradiction de vouloir partager des choses sur internet et d’avoir du mal à m’assurer dans la vraie vie (quand des amis, des collègues de boulot nous lisent, nous suivent, mais sans échanger : cela donne une curieuse impression d’être epiée).
    Tu as bien fait de continuer, le positif reste supérieur aux désagréments dont tu parles et dans tout partage, l’essentiel est de garder une certaine pudeur et je trouve que tu as trouvé le bon ton sur ce blog!

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