C’est à partir de toi que j’ai dit oui au monde

Aujourd’hui, je voulais partager avec vous ma réflexion sur le fait de montrer publiquement le visage ou non de ses enfants, sur les réseaux sociaux, particulièrement sur Instagram, puisqu’il est pour moi celui où la question s’est réellement posée.

Puiser la force de me dévoiler

Aux prémices de mon aventure Instagram, je ne souhaitais pas afficher mon visage. Par manque de confiance en moi avant tout, par peur du jugement de mon entourage surtout, par l’envie de rester anonyme beaucoup. Sûrement pour toutes ses raisons. Dans cette logique, il allait de soi que je ne souhaitais pas non plus exposer celui de mon enfant à naître.

Puis, Louise est née, et a, encore une fois, bousculé mes convictions et mes choix. J’ai puisé en elle la force de ne pas me cacher derrière mes peurs du jugement d’autrui, et eu le courage de prendre confiance enfin en moi. Elle m’a permis de m’assumer et d’assumer ce que j’écrivais. Petit à petit, je me dévoilais et j’osais les premières photos de moi sur mon compte. « C‘est à partir de toi que j’ai dit oui au monde » (P.Eluard). Oui, c’est à partir de sa naissance que j’ai enfin osé dire oui au monde et lui montrer qui j’étais.

Sortie de maternité

L’envie de la montrer

Après sa naissance, pendant de longs mois, j’ai continué à poster des photos de Louise sans montrer son visage : des photos de ses looks, de sa chambre, de ses pieds, de ses mains, avec des textes pour partager ce que l’on vivait, mes débuts dans la maternité, en dessous de chaque photo. Cela me convenait parfaitement puisque ce que je recherchais avant tout c’était l’échange entre mamans, le partage et le soutien de cette belle communauté présente sur Instagram.

@amaurypeyrussan <3

Mais autour de ses 8 mois, j’ai eu envie de vous la montrer. De partager ses yeux en amandes, son sourire à croquer, ses joues à bisous. Par fierté.

Mais aussi, je crois, sans aucun tabou, que j’avais envie (et certainement besoin) de partager avec « ma » communauté et recevoir des compliments sur mon bébé. Une sorte d’approbation qui me dirait « ta fille est belle, il n’y pas que toi qui le pense ». C’est bête non?

Alors je me suis demandé pourquoi je ressentais cela. De un, pourquoi ressentais-je le besoin que des mamans « virtuelles » me disent cela? De deux, est-ce si important que cela qu’on la trouve belle/mignonne/gentille/douce?

Sans rentrer dans une introspection, j’ai compris aussi que je partageais avec vous bien plus que je n’oserais partager avec mes proches parfois. Vous connaissiez mes peurs, mes joies, mes doutes, le RGO de Louise. Vous suiviez notre quotidien, preniez le temps de me demander des nouvelles, me réconfortiez. Et vous ne connaissiez même pas le visage de ma fille. C’est étrange quand on y pense : partager ce qu’il y a de si intime sans même nous connaître. Alors oui, votre avis m’importait, comme celui de mes proches m’importent.

Pendant un mois, j’ai posté des photos en affichant le visage de Louise. Je n’avais pas plus de likes, pas plus de commentaires, mais plus de compliments. Et ca m’a fait du bien, oh oui un bien fou. J’ai eu l’impression de vous la présenter, enfin.

C’est le moment où vous pouvez vous dire que je suis superficielle, bizarre ou je-ne-sais-quoi.  Je vous comprendrais mais je souhaite être transparente sur ce que j’ai ressenti, qui me semble être, sans honte aucune, un sentiment humain.

A visage caché

 Puis, les raisons pour lesquelles nous ne souhaitions pas montrer le visage de Louise nous sont devenues importantes à considérer.

La première raison concerne le droit à l’image et la potentielle réutilisation des photos par une marque/un tiers. En effet,  dans les CGU, il y a une clause de licence d’utilisation au profit d’Instagram : « Vous accordez par la présente à Instagram une licence non exclusive, entièrement payée, libre de droits, transférable, sous licenciable et mondiale pour l’utilisation du Contenu que vous publiez sur le Service ou par son intermédiaire… » (si vous voulez en savoir plus sur le sujet, ici). En résumé, vous avez le droit à l’image de vos photos, mais ce n’est pas interdit pour un tiers/une marque de l’utiliser. C’est à ce moment-là que je suis passée en compte privé.

La deuxième raison est la présence de personnes « malveillantes » sur ce réseau, et plus globalement sur Internet. Mes abonnés sont essentiellement des mamans, mes proches. Mais pas uniquement. Lorsque je suis passé en privé, et que j’ai dû accepter un à un mes abonnés, j’ai pu apercevoir un spectre plus large de personnes. Et je suis bien incapable de pouvoir savoir qui se cache vraiment derrière les comptes. Louise est encore un bébé, mais c’est une petite fille et je souhaite la protéger de personnes qui auraient de mauvaises intentions à son sujet. Si mon compte avait quelques dizaines d’abonnés, la question se poserait certainement moins, mais avec presque 4000 abonnés, il suffit d’un. J’essaye aussi au maximum de protéger nos informations personnelles, même si beaucoup savent déjà la ville dans laquelle nous habitons et qu’il est facile de retrouver mon adresse personnelle ainsi que mon nom.

Louise

La dernière raison est que Louise est trop petite pour avoir son mot à dire. J’exerce pour le moment son droit à l’image en décidant ou non de l’exposer. Mais je me demande si elle souhaiterait déjà avoir tant de photos pérennes sur internet (déjà que j’expose de nombreux aspects de sa vie sans « sa permission »). Elle sera en position de me donner son avis bien assez vite et à ce moment-là, on en reparlera. En attendant, je fais ce qu’il me semble le mieux pour elle.

Je souhaite avant tout partager des photos jolies et esthétiques et mes textes. Même si parfois cela me démange de partager de magnifiques photos d’elle.

LE COMPRomis

Pour pouvoir continuer à partager avec vous, répondre à mes envies de jeune maman fière de sa progéniture tout en continuant à préserver l’image de Louise, j’utilise les stories qui me permettent de vous montrer des instants de nos vies. C’est un peu contradictoire aux regards de certains de mes arguments, j’en suis consciente, mais je me repose sur le fait que les stories soient éphémères pour me donner bonne conscience. Cela me permet de partager les photos que je ne « peux  » pas mettre dans mon fil d’actualité mais que j’adore.

Louise & moi

Pour finir, je voudrais ajouter que cette réflexion a mûri depuis de nombreux mois. Elle a évolué, s’est enrichie au fil des temps par de nombreuses lectures, des témoignages d’autres mamans, des discussions, des mésaventures de certaines. Elle n’engage que moi et n’est en aucun cas un jugement sur le fonctionnement d’autres comptes, d’autres mamans. Notre manière de partager est propre à chacun. Je n’ai pas la prétention d’avoir la réponse à cette question, je souhaite simplement partager avec vous mon choix. Et j’apprécie grandement de voir le visage de tous les poupons que j’aime tant suivre.

Bonne soirée

Diane

 

 

Une réflexion sur “C’est à partir de toi que j’ai dit oui au monde

  1. mesange_paris dit :

    Je trouve ton raisonnement très clair et ton cheminement sur cette question tout à fait logique! Merci pour cet article!
    Pour ma part, je ne me pose pas trop de questions, j’aime partager des photos de mes enfants mais en veillant à rester modérée, et je constate qu’en grandissant ils ne veulent plus être photographiés, et spontanément j’ai moins envie de publier des photos d’eux, car je trouve que cela leur appartient. Donc la question se résout assez simplement pour moi. Et je ne fais pas de stories même si j’aime regarder celles des autres 😉

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